Jean-Claude Hérault, Directeur général de l'épreuve :
“Le cyclisme peut aider à la paix”
Jean-Claude Hérault, Directeur général du tour ivoirien de la paix qui va se courir en début du mois prochain croit que cette compétition scellera la paix définitivement en Côte d'Ivoire.
Vous avez été coopté pour être le directeur général du tour ivoirien de la paix. Dans le monde du sport en général et dans celui du cyclisme en particulier, vous n'êtes pas un inconnu. Alors, peut-on savoir davantage sur Jean-Claude Hérault ?
Merci, je suis effectivement Jean-Claude Hérault. J'ai occupé d'importantes fonctions au sein du tour de France. Notamment en tant que Directeur général délégué, ensuite directeur général adjoint. Donc pendant 30 ans, j'ai participé à l'organisation du tour de France. Et puis à partir de 2001, j'ai respectivement pris la direction générale du tour du Faso et du tour du Gabon. Et enfin, vous l'avez bien dit, on m'a demandé de venir organiser le tour ivoirien de la paix. Ce que j'ai accepté avec grand plaisir.
Quelles sont les raisons qui vous ont amené à accepter le pilotage de ce projet ?
D'abord je suis en même temps un passionné de sport et je suis aussi un adepte de la paix. Lorsqu'on m'a dit que ce tour servirait de témoin, de démonstration de la paix qui est une réalité désormais en Côte d'Ivoire, j'ai applaudi des deux mains. Je n'ai donc pas hésité un seul instant pour faire partie du comité d'organisation.
Récemment, vous avez été reçu par la Première Dame. Ce qui suppose que vous bénéficiez de la confiance de toutes les autorités ivoiriennes. Cela ne constitue-t-elle pas une pression pour vous ?
Effectivement, l'objectif est de réussir en peu de temps d'ailleurs ce challenge. Parce qu'on a décidé d'organiser cette compétition dans un peu moins de 4 mois. Ce qui est un peu court. Mais ce que j'apprécie beaucoup, c'est qu'au niveau des plus hautes autorités ivoiriennes, que ce soit au travers de la Première Dame au travers du chef de l'Etat, qui m'a reçu tout juste après la Première Dame pour un dîner, tout cela est pour moi un signe d'une importante reconnaissance sur cet évènement qui va dans tous les cas intéresser toute la Côte d'Ivoire non seulement, mais aussi au-delà de la Côte d'Ivoire, tout le monde entier puisque l'évènement, le tour ivoirien de la paix dépasse largement le côté sportif.
Il y a au moins dix pays qui sont annoncés à cette compétition. Vu cette dimension internationale de l'évènement, la Côte d'Ivoire a-t-elle les infrastructures nécessaires pour réussir l'organisation ?
Je pense que la Côte d'Ivoire dispose de tous les moyens pour réussir cette organisation. Il y a bien sûr des capacités hôtelières très importantes dans différentes villes. Notamment ici à Abidjan avec l'hôtel Ivoire et à Yamoussoukro avec l'hôtel Président. Donc je crois que nous avons les moyens d'accueillir toutes les délégations dans de bonnes conditions. Il y a également les routes qui vont abriter le parcours dont nous avons fait la reconnaissance maintes fois. Nous avons seulement quelques inquiétudes au niveau d'Abengourou, surtout les 50kms qui précèdent l'arrivée dans cette ville. On nous a dit que les travaux seraient effectués. Dans tous les cas, s'ils ne le sont pas, en tant qu'organisateurs, nous avons anticipé. Disons que nous avons un plan B. Au niveau du tracé, là aussi des assurances, nous ont été données. Même si jusque-là il y a encore des nids de poule à colmater, les coureurs de cette première édition du tour ivoirien de la paix devront rencontrer un parcours idéal et j'espère qu'ils rencontreront aussi des foules enthousiastes.
Depuis que vous êtes là, c'est sûr que vous avez eu le temps de voir comment se porte le cyclisme ivoirien. Alors quel jugement faites-vous du niveau de ce sport en Côte d'Ivoire ?
J'ai d'ailleurs récemment vu des coureurs ivoiriens participer à Tropical Amissa Bongo. Ils n'ont pas été les meilleurs Africains, ils n'ont pas non plus été les plus mauvais. Ils ont été moyens dans l'ensemble mais, semble-t-il, avec un degré de préparation qui débutait. Je crois qu'ils vont se préparer. Si je m'en tiens aux propos du président de la fédération (NDLR : Eugène Dié Kacou), les joueurs vont y mettre le cœur et être prêts le jour J.
En tant qu'expert dans le domaine, qu'est-ce qu'il faut pour booster le cyclisme en Afrique en général et en Côte d'Ivoire en particulier ?
Ce qu'il faut, ce sont ces genres de confrontation entre les coureurs du tour de France, puisque parmi les 5 équipes étrangères professionnelles, nous aurons des coureurs du tour de France et les coureurs africains. Ceci permettra de mesurer l'écart qui se trouve entre eux et les professionnels du tour de France. Néanmoins, pour ma part, je crois que cet écart diminue au fil des années grâce à ce genre de confrontation et grâce aussi à la volonté que manifestent de plus en plus les coureurs africains pour aller de l'avant. Ils sont vraiment sur la bonne voie. Nous allons faire un bond du vélo pour atterrir sur le gazon.
C'est vrai que vous êtes expert en cyclisme mais n'empêche que vous soyez un mordu du football. La Côte d'Ivoire vient de prendre part à la coupe d'Afrique des Nations 2008. Comment jugez-vous la sélection ivoirienne et puis à votre avis qu'est ce qui n'a pas véritablement marché ?
Je pense que vous avez la chance d'avoir une superbe équipe. Vous savez qu'en sport, il y a toujours des incertitudes. Et là il y a eu effectivement une grosse déception de la part des ivoiriens mais aussi de la part des témoins internationaux. Beaucoup m'ont d'ailleurs appelé pour me parler de cette superbe équipe. Elle n'a pas eu le rayonnement qu'elle aurait voulu avoir. Je pense qu'elle n'a pas eu de chance non plus lorsqu'elle a perdu son gardien de but. Néanmoins, c'est le plus fort potentiel qu'on n'ait pu admirer pendant cette CAN qui était d'ailleurs de très haut niveau. Et cela m'a convaincu qu'il n'y a plus grande différence entre le football européen que j'ai l'habitude de suivre et le football africain.
Nous sommes quasiment à la fin de notre entretien. Est-ce qu'il y a des questions dont on n'a pas fait cas et sur lesquelles vous voulez-vous étendre ? Oui, je veux dire que pour cette épreuve, il n'y a eu aucune hésitation de la part des équipes internationales qui ont confirmé leur participation en envoyant la liste de leurs encadreurs et tout ça. En envoyant deux équipes professionnelles françaises de haut niveau et deux équipes italiennes professionnelles également du même niveau, cela démontre qu'il n'y a plus d'appréhension pour votre beau pays. Et avec le tour ivoirien de la paix, cela va démontrer que la paix est effectivement chez vous.
Vous croyez fermement que la paix peut venir par le cyclisme ?
Dans tous les cas, le cyclisme peut aider à confirmer que la paix existe chez vous en Côte
Kouamé St-Pierre
(Stagiaire) |